Sapporo de Sailor: bien ancré/encré?

Retour sur un stylo plume japonais qui a pris le large loin de sa terre natale pour finir dans ma main droite. J’ai envie de vous parler de ce stylo-plume qui arbore fièrement son ancre marine au sommet de son capuchon.

Histoire de la marque du Sapporo, Sailor

L’histoire de cette marque japonaise est assez représentative de celle des entreprises japonaises qui se sont lancées dans la confection de stylos-plumes. Cette entreprise a été créée en 1911, les marins japonais qui rentraient de Grande-Bretagne ramenaient dans leurs bagages des stylos-plumes, plus aisés à utiliser que les plumes. L’entreprise Sailor (Marin en français) s’installa rapidement près d’une base militaire sur le port, et se mit à produire ces fameux stylos. L’emblème de cette marque devint la célèbre ancre que l’on retrouve toujours sur les capuchons.

En 1926, la marque se mit à produire des stylos luxueux les Maki-e, qui sont toujours au catalogue aujourd’hui. Peu à peu après la seconde guerre mondiale, Sailor a diversifié ses collections, à des effigies célèbres (comme Mickey, Popeye,…), en cuir, en bambou fumé, …

Aujourd’hui Sailor est toujours réputé pour ses plumes, reconnues parmi les meilleures du monde (surtout l’alliage à 21 carats).

Sapporo Sailor

Sapporo, une plume japonaise

Bien évidemment, je ne me suis pas tournée vers le modèle à 21 carats, et ce n’était pas l’envie qui me manquait.

Je cherchais un stylo pour remplacer l’hémisphère qui m’avait fait faux bond (du haut du bureau, il n’a pas apprécié). En magasin, après de nombreux essais de Caran d’Ache, Montegrappa, Parker, Pélikan et Sailor, mon choix s’est orienté sur deux modèles, le Pélikan M200. Mes deux contraintes majeures étant le poids du stylo et sa circonférence, mes mains étant très petites. Le Pélikan remportait très haut la main le match du poids et la qualité de glisse de la plume, mais le Sapporo tenait mieux dans ma main.

J’ai été très surprise par la qualité de glisse du stylo-plume Pélikan, je n’avais jamais essayé de plume qui glissait autant. Je crois que je vais devoir investiguer davantage dans le catalogue de cette marque jusqu’à trouver crayon à ma main!

Revenons au Sapporo, sujet de cet article. Je l’ai pris rouge, sûrement pour qu’il aille plus vite. Mais aussi parce que je trouve ce rouge assez profond, ni masculin, ni féminin, je pense que ce sera un bon intemporel.

Je l’ai pris avec une plume en 14 carats de taille moyenne. La taille moyenne japonaise correspond aux tailles fines européennes, la extra-fine japonaise à la taille fine européenne, etc. Mon écriture ronde profite d’une certaine finesse pour ne pas s’alourdir. La plume en 14 carats est de couleur argentée.

Sapporo Sailor Rouge

Utilisation du Sapporo

Testons cette plume en situation d’écriture. Pour cela je reviens à mon cahier test: le Clairefontaine en 90gr. La plume encre sans relâche le papier, qu’importe la vitesse, la façon de former les lettres, cela redevient un vrai plaisir d’écrire. Sa réactivité au papier permet de ne jamais rater le démarrage, de passer sans problème de l’écriture cursive aux majuscules. Il tient et le rythme et la distance. Par contre, on devine sur le papier Clairefontaine sa propension à « gratter » sur les papiers de moindre qualité.

La légèreté de l’ensemble en fait un stylo facilement utilisable dans la vie quotidienne, et soulage la main dans les longues séances d’écriture.

Sapporo Sailor Plume 14 carats

 

Pour un avis plus varié, je me suis ensuite entraînée à écrire sur le papier fourni au travail. En règle générale, la plume répond très bien à la vitesse d’écriture. L’encre s’écoule toujours de manière identique. Je ne me suis jamais trouvée limitée par le manque d’adhérence de la plume au papier. L’écriture est dynamique, fluide, il lui arrive même d’accrocher sur les papiers un peu récalcitrant, par exemple les feuilles du cahier Conquérant en 70gr. Voici quelques prises:

Sapporo Sailor Plume

Choix de l’encre pour le Sapporo

Sailor laisse deux possibilités avec ses stylos-plumes: opter pour des cartouches ou pour un système pompe.

Cette seconde option ouvre de vastes possibilités en terme d’encre. La pompe peut-être emplie de n’importe quelle encore destinée à l’usage en stylo-plume. Vous voyez octroyer une grande liberté de marque, de texture, de couleurs,… C’est moins contraignant que de devoir toujours se fournir en cartouches de la même marque.

Encre Sapporo Sailor

 

Mes premiers essais d’encre pour ce stylo ont été réalisés avec l’encre fournie par Sailor. Au choix en bleu ou noir. J’apprécie leur noir qui est très intense, sèche très vite, et ne bave jamais (je n’ai jamais ressenti le besoin d’acheter de buvard). Le système de l’encrier est commode, une petite réserve en plastique évite de noyer le stylo et facilite son remplissage. C’est ingénieux! Dernier détail sur cette encre, elle sent l’encre des écoliers d’autrefois. J’aime cette note qui donne du caractère à l’écriture, mais je préfère prévenir ceux qui auraient de mauvais souvenirs associés à cette odeur.

Je ne regrette pas du tout mon achat, et je souhaite que ce stylo m’accompagne pendant très longtemps. Quel est votre outil d’écriture préféré? Aimez-vous écrire au stylo-plume?

 

9 Comments

  1. J'hésite

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    J’utilise aussi un Sapporo (violet 😉 ) depuis de nombreuses années maintenant et je l’aime toujours autant.Le mien est une plume fine.
    Comme je l’aime vraiment beaucoup l’année d’après si je me souvient bien on m’a offert un ProGear (son grand frère) qui a une plume M en 21 K. Et que dire ? Je n’ai jamais eu de stylo avec une plume aussi douce.
    Pour l’encre je te recommande l’iroshizuku de Pilot qui coûte un rein, mais dont les couleurs sont magnifiques. Et chose amusante l’encre bleue Sailor a des reflets rouges à la lumière 😉

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      J’ai déjà une longue liste d’envie de couleurs d’encre Iroshizuku, du coup je vais prendre des échantillons auprès du Goulet Pen. Tu aurais des couleurs en particulier à conseiller que tu as testées? Concernant le Sapporo j’ai l’impression d’avoir juste mis le doigt dans l’engrenage des stylos japonais…

      • Cécile

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        Bonjour Flo-Salsa et merci pour ta réponse 🙂
        Concernant les Iroshizuku j’aime beaucoup Kon-Peki et Ku-Jaku. J’aime bien Syo-ro aussi car elle change de couleur en séchant. Aji-sai est toute douce mais un peu palotte à mon goût. pour le boulot j’utilise Yama Guri (un brun foncé), mais quand je l’aurai fini je prendrai Tsuki Yo (bleu nuit) je pense.
        Comme tu peux le voir j’ai de quoi écrire pour les 10 prochaines années 😉
        Mais tu as raison pour l’histoire du doigt dans l’engrenage, j’ai le même problème :p

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          Hello Cécile, merci pour ton retour! Du coup, je note pour la Kon-Peki qui m’attirait déjà et pour Syo-Ro car elle paraît assez surprenante. Tu me donnes aussi envie d’essayer en échantillon la Yama Guri, même si je ne suis pas certaine d’aimer au quotidien écrire en brun, rien ne vaut un test pour le vérifier! Et j’ai hâte de savoir ce que tu penseras de Tsuki Yo, car elle a l’air profonde et élégante!

          • Cécile

            Bonsoir Flo–Salsa, je te tiendrai au courant pour la Tsuki Yo. Je ne pense pas être déçue car toutes les Iroshizuku que j’ai pu tester étaient très agréables. Ce sont des encres lubrifiées donc jamais de souci de débit avec celles-ci.

  2. Répondre

    C’est ton article qui m’a fait partir dans la grande aventure de la plume… Je suis me suis transformé en un véritable gamin en découvrant toute ces marques et modèles…
    Pour le moment je nappe mes copies d’encre Herbin, je les trouves fabuleuses, pour moi qui suis gaucher (la raison pour laquelle j’ai vite crains et abandonné la plume…) le temps de sèche est parfait, en particulier sur la bleu nuit qui encre mon stylo (mélangé à un chouilla de poussière de lune et j’ai un bleu violacé divin…)
    Ensuite il y a les Iroshizuku… (je vois qu’elles sont évoquées au dessus) je bave dessus… Pour un bon plan elles sont sur amazon pour une 15ene d’euros sans frais de port !!!
    De grosse bises, Thom

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      Ahhhh la grande aventure de la plume comme tu le dis si bien… qui entraîne ensuite celle de l’encre et du papier… C’est une spirale dans laquelle j’aime être aspirée, je trouve que l’écriture possède une très belle poésie. L’encre Herbin me plaît beaucoup et la Iroshizuku est merveilleuse. Le fait d’être gaucher doit te limiter pas mal dans le choix des encres, mais sinon je souscris à une sorte de candlebag pour l’encre, ce concept me convient parfaitement pour tester des marques et des couleurs de qualité. Je suis tellement contente de te voir de retour Thom!! Merci pour ton commentaire.

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        Oui c’est plutôt difficile, c’est bien la première chose que j’ai faite avant même d’avoir une plume, c’est trouver un encre qui sèche rapidement… J’ai pratiquement été traumatisé par le stylo plume lors de mes débuts collège ou ma prof de français obligeais à écrire au plume… Une véritable catastrophe.
        J’ai failli jeté mon dévolu sur Noodler’s et sa bernanke blue… Mais Bleu nuit de Herbin est particulièrement adapté je trouve… Iro me tente beaucoup mais je suis tellement difficile surtout avec les bleus… Que je pense plutôt passer par goulet avant de me décider.
        C’est au plaisir de te retrouver également.

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          Le Goulet s’avère une très bonne solution pour découvrir des encres dans des formats de test.Cela peut te permettre de tester beaucoup d’encres bleues différentes! Tant au niveau des qualités des différentes marques que des couleurs. L’avantage des Herbin c’est qu’on les trouve facilement dans les papeteries. J’ai trouvé plusieurs fois aussi des Iro mais à des prix exorbitants, du coup je passe toujours par Amazone! Et au fait, quel stylo utilises-tu?
          Bises!

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