Pelikan m100 Stormtrooper blanc

Vous avez sans doute vu passer régulièrement dans les derniers articles des allusions à un stylo-plume Pelikan. J’ai la joie de vous annoncer l’arrivée du modèle Stormtrooper dans la collection. Pas la peine d’envoyer vos félicitations! Voici une revue détaillée d’un des derniers venus (arrivée en tout début de cette année). Qu’attendre d’un stylo sorti pour honorer une série de cinéma? Retrouve-t-on les caractéristiques qui font habituellement la force des stylos-plume Pelikan? Que donne-t-il livré à lui-même en milieu extrême?

Je romps le suspens et essaie de vous concocter un compte-rendu détaillé! Pour information, ce stylo-plume a été acheté d’occasion sur le forum « stylo-plume.org ».

Un rapide feedback d’abord sur ce qui m’attirait vers ce stylo. Lors des tests dans la boutique, le Palais du Stylo rue Scribe à Paris, deux stylos restaient en compétition: le Sapporo de Sailor et un Pelikan (en numéro trois se classait un Faber Castell, m’ai c’est une autre histoire, j’avais adoré ces tests!).  Les deux plumes m’avaient paru radicalement opposées et je m’étais promis de comparer quelques années après les deux stylos en les ayant tous deux en main.

Quelques données pratiques sur ce Stormtrooper, malgré son numéro ce n’est pas le Pelikan le plus petit de la gamme, il mesure 16,5cm avec le capuchon, 15,5 sans et plus de 1cm de circonférence à l’endroit où on le tient pour écrire. Vous avez dû reconnaître la forme des Stormtroopers si vous connaissez Star Wars, sinon vous aurez tout de même pu noter les lignes noires et blanches du stylo qui sont reprises dans le plumier qui l’accompagne. Cette taille lui confère une taille agréable à l’écriture et c’est une sensation de légèreté et de finesse qui domine à l’emploi. Il s’avère bien plus léger et fin que le stylo Sapporo de Sailor à titre de comparaison.

Si vous vous interrogez sur la maison Pelikan, je vous renvoie vers cet article plaisant et détaille.

Le M100 White bénéficie d’un corps tout en plastique, avec un piston en plastique, en résulte un poids très léger. J’imagine que pour de nombreuses personnes, même avec le capuchon en place, cela risque de faire trop léger, comme si le stylo manquait peut-être de consistance. Or il n’en est sûrement rien, pour un stylo qui a forcément plus de 20 ans, je trouve qu’il n’y a rien à redire sur sa qualité et sur l’expérience qu’il propose.

La production de ce stylo-plume s’est étalée des années 1987 à 1993. L’agrafe semble plus profilée que sur les autres stylos M100 et procure une certaine finesse et légèreté à l’ensemble (ou alors, c’est la couleur noire qui amincit l’agrafe, allez savoir!). Le bas du capuchon est lui aussi souligné de noir et c’est là qu’on retrouve des informations (Pelikan, W-Germany), à même le stylo (outre le logo qui à son habitude trône au sommet du capuchon). Il s’agit d’un stylo à piston qui possède une fenêtre de vue du niveau d’encre un peu au dessus de la section. Un stylo-plume à piston offre une facilité de remplissage qui vous assure normalement des doigts propres à l’issue de la manipulation!

Le pas de vis du stylo est situé suffisamment haut pour qu’il ne gêne pas à l’écriture (et sale, mais vous saurez rapidement pourquoi). Si vous avez des astuces pour laver facilement cette partie du stylo sans abîmer le plastique je les lirai avec intérêt. Trois-quart de tours suffisent à fermer et ouvrir le stylo.

Une fois ouvert, le capuchon tient bien en place sur le stylo-plume, recouvrant totalement la partie « émergée » du système du piston, celle qui permet de remplir et vider en faisant tourner l’extrémité du stylo. Pas de risque donc de mauvaise manipulation. Si vous ne vous servez pas de votre stylo pendant quelques minutes, mieux vaut le reboucher car l’encre semble sécher assez vite. Par contre, il n’a pas trop de mal à redémarrer ensuite. Du côté du piston, pas de mauvaises surprises, pour la taille du stylo (et son poids), le réservoir est plutôt intéressant (entre O.9 et 1.18ml selon les sources), je n’ai jamais rencontré de problème pour le remplir. Piston en plastique de Pelikan = Nickel! C’est la partie qui me fascine le plus finalement dans ce stylo-plume. Et pourtant j’ai un Custom Heritage 92 de Pilot qui fonctionne de la même façon.

Le stylo est livré avec un plumier de la même couleur blanche et avec le nom de la marque et le logo indiqués en noir sur le dessus. Au dos on retrouve gravées les informations Pelikan AG W-Germany. A l’image du stylo-plume, la boîte est légère et son encombrement bien pensé. J’arrive à glisser dedans au centre mon Pilot Decimo et de part et d’autres le Pelikan et le Sapporo en mode garde rapprochée. Le plumier, à la réception, était entouré d’un carton épais dans un style assez décalé, façon écolier des années 50.

Etant donné que ce M100 n’est plus produit, vous le trouverez plutôt sur les sites en ligne ou auprès de collectionneurs. Il n’est pas compliqué de continuer à en trouver.

Pour revenir rapidement sur la section, elle possède cette forme agréable qui est évasée à l’abord de la plume pour vous empêcher de glisser dessus et vous salir le gras du doigt.

Pour parler plus en détail du stylo qui m’est spécifique, je note des problèmes d’incontinence. Il n’est pas propre et le promener avec son boîtier n’est pas du luxe pour s’assurer de sa bonne conduite dans le sac à main. J’ai l’impression que la jonction entre le conduit (passage de l’encre sous la plume) et la section (endroit où l’on tient le stylo) est à l’origine du problème: cela fuit. Le capuchon laisse déborder l’encre à l’endroit où l’agrafe est fixée. Ce qui fait qu’à l’ouverture du plumier vous découvrez une marre d’encre, un capuchon qui suinte, et à l’ouverture de ce dernier, une section qui baigne. A vous rappeler les légendes des vampires slaves et à vous donner l’envie de le transpercer d’un pieu pour lui passer le goût du carnage.

Passons aux qualités de la plume. J’avoue que l’idée de cette plume noire qui contraste avec le stylo me plaisait bien, il s’agit d’une plume en acier de taille moyenne. Du fait de la rigidité de la plume, elle émet un petit chant à l’écriture, une sorte de bruit de fond homogène qui atteste de son contact avec le papier sans rien avoir de crispant ou de fatigant.

Quelles sont les qualités de cette plume moyenne? Je rencontre des difficultés à mettre des noms sur les impressions qu’elle procure. C’est avant tout sa rigidité qui se démarque, elle n’offre pas ce rebond des plumes japonaises, malgré sa fermeté elle reste agréable à utiliser sur le papier glacé et sur les papiers de moyenne gamme. Cette plume moyenne offre de jolis effets de reflets des encres, elle se montre assez généreuse en débit et peut offrir un peu de flexibilité en la forçant un peu.

Comme il est compliqué de mettre des mots sur le ressenti, disons que cette plume serait une jolie berline, à l’aise un peu sur tous les terrains, sans briller nulle part, mais offrant toujours une agréable sensation de balade. Là où des plumes plus agressives et nerveuses vous donneraient l’impression de chevaucher une monture plus fougueuse. Vous souhaitez vous relaxer? Prenez une grande inspiration, saisissez votre Pelikan M100 pas trop fermement pour ne pas effrayer le volatile, faites-le chanter de sa voix grave sur votre papier préféré et laissez-votre esprit vagabonder sur les ailes de la rêverie…

Je n’ai pas encore trouvé l’encre qui lui correspond le mieux. Je tâtonne à cause de ses problèmes de fuite. Définitivement j’en ai déjà écarté certaines, comme la Sparkling Shadows de Diamine (un enfer pour le conduit de ce stylo), la Dante Alighieri de De Atramentis (bien trop généreuse, imaginez la marre de sang dans laquelle l’oiseau baigne quand j’ouvre le plumier, et l’état de mes doigts devenus si rouge). Pour autant les encres trop sèches ne lui conviennent pas non plus, j’ai l’impression que la rigidité de la plume plus l’association d’encre sèche le transforme en tondeuse à papier ou rasoir à fibres qui dépassent.

Et pour élucider la question, le nom de Stormtrooper semble avoir été donné par les fans (de Pelikan et des Star Wars) pour qualifier affectueusement ce stylo-plume et non par la manufacture allemande. Pour aller plus loin, je peux vous conseiller les articles, en anglais, de fountainpennetwork et de inklode.

Finalement, je me suis attachée à ce stylo malgré sa plume si rigide et ses problèmes de fuite (je me promène avec quelques paquets de mouchoir…). Ce volatile a beaucoup de charme et les mains les plus petites seront ravies de l’aider à se nicher. De là à le conseiller, pas forcément puisque ce stylo spécifiquement n’est plus produit par Pelikan et qu’en cas de mauvaises surprises vous en serez pour vos frais. N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires et de vos questions! Merci pour votre lecture.

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