Test des stylos uni pin de Mitsubishi

Aujourd’hui, je jette dans l’arène quatre stylos Uni Pin de Mitsubishi fabriqués au Vietnam en teinte noire. Quelles sont les véritables propriétés de ces encres pouvant être utilisées pour des archives? Tiennent-elles la route par rapport aux mastodontes du secteur que sont les Sakura Micron, Sharpie Permanent Pen, Staedtler Lumocolor et Faber Castell PITT artist pen? Peut-on leur faire confiance? C’est parti pour un test presque extrême (oui, j’avais envie de m’amuser et puis ils avaient écrit Water and Fade Proof sur les stylos, cela m’a mise d’humeur joueuse)!

Histoire de s’amuser encore davantage, j’ai sélectionné quatre formats en rayon le 0.2, le 0.3, le 0.4 et le 0.5, si ce n’est pas la taille qui importe, je souhaitais quand même tester plusieurs mines, toutes en couleur noire, toutes fabriquées au Vietnam pour cette entreprise japonaise qu’est Mitsubishi.

Avant le crash test, qui aura lieu bien sûr d’abord sur du papier Dot Pad de Rhodia (faudra peut-être que je vous rédige un petit quelque chose à son sujet un jour…) et ensuite sur des papiers de plus ou moins bonne qualité… C’est parti pour les tests!

Muji Sakura micron Staedtler Uni Pin Faber Castell

On leur trouve une allure assez formelle à ces petits soldats de Mitsubishi. Le look du stylo pour le design, le dessin d’architecte ou les mangaka (j’essaie de m’adapter au pays du soleil levant d’où nous viennent ces cobayes) n’a pas été révolutionné. Tant mieux, il passe incognito en milieu professionnel et on ne lui demande pas non plus une originalité à toute épreuve, juste que les indications sur le corps du stylo ne s’effacent pas alors qu’on sue sur un projet particulièrement complexe à réaliser (ce serait un coup à saisir le mauvais stylo!).

Comme des prisonniers, ils bénéficient dans le capuchon d’une sorte de judas pour vérifier l’état de la mine (j’ai l’impression de contempler Lilou dans sa cellule du 5ème Elément). Le capuchon, lui aussi numéroté, tient de façon bien solide sur le stylo, surtout en mode posté où l’on entend même un petit bruit de succion lorsqu’on le retire.

Comparons l’encre noire!

J’ai décidé d’aligner aussi les stylos de Muji qui proposent plusieurs formats aussi et dont je trouve le noir assez intense. Soyons d’accord, les stylos de Muji n’ont pas du tout la même mine, la leur est ferme et presque pointue alors que celle des concurrents offre une sorte de petit coussin.

Sous un autre éclairage:

Les déclinaisons de Uni Pin et de Micron Sakura offrent une bonne intensité qu’il est difficile de départager et qui s’aligne sur les très bonnes performances du stylo Muji 0,38. En comparaisont le Sharpie semble plus fade, moins foncé donc et aussi assez gris-bleuté. Les Faber-Castell proposent un noir assez intense mais pas autant que les trois premières marques du comparatif sauf dans le format pinceau dont le débit impressionnant offre une meilleur opacité.

Comparons maintenant le débit!

Je trouve que les Sakura Micron sont plus agréables à utiliser, ils s’avèrent plus généreux avec un débit qui semble plus régulier (sur ce dernier point je crains que l’aspect psychologique ne joue beaucoup!). Les Uni Pin ont tendance à accrocher un peu plus le papier et à être plus sec. Avantage de ce dernier point, ils sèchent aussi plus vites, du coup pas la peine d’attendre trop longtemps pour gommer, sur du papier layout c’est le genre de détail qui compte! Les Faber Castell possèdent comme des angles d’écriture sous lesquels il est plus ou moins agréable de tracer les traits, c’est plus délicat d’avoir un résultat homogène.

Muji Sakura micron Staedtler Uni Pin Faber Castell

Le débit du Faber Castell se montre assez fluctuant, cela le rend moins agréable que les autres à employer, le débit régulier n’étant pas assuré.

Et maintenant le waterproof (leur résistance à l’eau)!

C’est là que cela devient vraiment très intéressant. Je me serai bien baignée à la piscine municipale avec mes écrits pour voir ce qu’ils avaient dans le ventre, ou mieux au Campfrout (prononcez le T c’est une plage en Bretagne), mais je suis restée raisonnable, dans le secret de ma cuisine et de ma salle de bain… L’encre du stylo-plume n’a pas résisté à un tel outrage alors qu’elle n’était pas visée…

Soyons raisonnables avant d’envenimer les choses et commençons avec le test de quelques fluos et de la gomme:

Muji Sakura micron Staedtler Uni Pin Faber Castell

Pour le test de la gomme l’encre qui s’en sort le mieux, sans discussion possible, est celle du Sakura avec une mine large. Le Uni Pin de grand format ne démérite pas, mais montre une performance intéressante. Pour les pointes fines, le résultat est identique, elles ont tendance à s’affadir sous les coups de gomme en proportions égales. Sur du papier layout, les Faber Castell se montrent beaucoup plus sensibles aux coups de gomme et partent régulièrement avec cette dernière tout en empêchant de gommer les coups de crayon à papier.

Passons maintenant aux performances avec des fluos: je suis très agréablement surprise! Aucun mouvement de l’encre sous l’influence de l’humidité et du frottement. La couleur ressort bien et la lecture s’avère aisée.

Muji Sakura micron Staedtler Uni Pin Faber Castell

Allons plus loin en termes de frottement et d’humidité. La feuille préalablement mouillée est maintenant essuyée. Peut-être que ce test ne vous intéresse pas, mais mon chat aimant jouer dans l’eau puis venir me montrer ses pattes mouillées une fois le méfait accompli, mes cahiers sont souvent humidifiés et subissent ce genre de déconvenues. Résultat, je suis plutôt partisane des encres qui réagissent bien (sur la page concernée bien sûr, mais aussi sur les précédentes qui ne sont pas beaucoup plus à l’abri!). En fait c’est là que se joue les vraies différences avec les encres. Première constatation, les lignes réagissent plutôt bien et ne souffrent pas trop du frottement, contrairement aux points qui accusent une accumulation d’encre plus importante.

Au niveau des points, l’encre a tendance à baver plus aisément, comme si seule le premier passage du stylo avait permis de fixer l’encre et que les suivants tenaient moins bien. Dans tous les cas, il reste aisé de voir le motif et de ne pas perdre de trace de ce qui avait été fait sur le papier. Il est moins agréable de lire car l’encre a bavé, mais le tout reste visible sans difficulté particulière. Deux stylos n’ont absolument pas bougé sous la menace: le Staedtler et le Sharpie. Ce sont deux stylos qui transpercent quasiment systématiquement le papier, ils ont donc leur avantage et leur désagrément intimement lié. Pour les autres, ce sont les Sakura Micron qui s’en sortent le mieux, suivi des Uni Pin puis des Faber Castell.


J’espère que ces tests vous auront été utiles pour choisir votre nouveau stylo préféré, que ce soit pour utiliser dans votre BuJo (Bullet Journal), pour vos esquisses de dessin, pour vos cours à surligner ou pour vos archives et autres. Ces stylos offrent une variété de diamètres qui devraient vous permettre votre taille d’écriture préférée et pour ceux qui dessinent des variations de traits intéressantes. D’ailleurs sur ce dernier point, je ne suis pas parvenue à départager les épaisseurs du fait de manque de moyens adaptés, mais il est notable que d’une marque à l’autre et d’un stade d’usure à l’autre, les dimensions annoncées fluctuent!

Quels sont vos stylos noirs et indélébiles préférés? Vers quelle taille vous tournez vous pour écrire et dessiner? Que recherchez-vous en priorité auprès de ces stylos?

Un article arrive bientôt sur les encres pour archives destinées au stylos-plumes…

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